Citations sur l’art de traduire

La traduction constitue souvent un défi complexe. Beaucoup d’écrivains de grande renommée ont largement influencé la littérature mondiale, et leur succès est dû notamment à la traduction de leurs œuvres dans différentes langues. Ce que l’on sait moins, c’est que certains de ces fameux écrivains furent aussi des traducteurs qui réfléchirent sur le rôle et la maîtrise de ce métier :

« Dans une traduction, il faut aller jusqu’à l’intraduisible. C’est alors seulement qu’on s’aperçoit combien une langue nous est étrangère, ainsi que la nation qui la parle. »
(Johann Wolfgang von Goethe, Maximes et Réflexions, 1826. Traduction de Sigismond Sklower, 1842.)

« Et c’est ainsi qu’il faut considérer chaque traducteur : il est l’intermédiaire de cet universel commerce de l’esprit et son affaire, c’est de favoriser cet échange de biens. Car, quoi qu’on puisse dire de l’insuffisance des traductions, elles sont, et restent, l’une des plus importantes et des plus nobles activités du monde. »
(Lettre de Johann Wolfgang von Goethe à Thomas Carlyle, 1827. Traduction de Georges Khnopff, 1921.)

« Il est bien plus facile de traduire une plaisanterie qu’un sentiment. Celui qui est spirituel aussi bien que celui qui ne l’est pas, peuvent la répéter, mais le coeur seul peut trouver le langage du coeur. Il a ses règles propres, et c’en est fait de lui, si on les méconnaît, et si on veut en revanche le soumettre aux règles de la grammaire, et lui donner la froide précision, l’ennuyeuse clarté que nous exigeons d’une proposition logique. »
(Gotthold Ephraim Lessing, La Dramaturgie de Hambourg, 1767/69. Traduction de M. A. Desfeuilles, 1889.)

« N’est-il pas singulier qu’une traduction littérale soit presque toujours mauvaise? Et pourtant, tout se peut bien traduire. On voit par là toute la portée de ces mots: comprendre une langue à fond. Cela signifie: connaître à fond le peuple qui la parle. »
(Georg Christoph Lichtenberg, Aphorismes. Traduction de Marthe Robert, 1947.)

« La fidélité d’un traducteur se transforme en infidélité si elle lui fait obscurcir son original. »
(Gotthold Ephraim Lessing, Rettungen des Horaz, 1754. Traducteur inconnu.)

« Les traducteurs peuvent être considérés comme des entremetteurs qui nous vantent les attraits d’une belle à moitié voilée ; ils excitent en nous un irrésistible désir de voir l’original. »
(Johann Wolfgang von Goethe, Maximes et Réflexions, 1826. Traduction de Sigismond Sklower, 1842)

Alexander Roslin 001